Sécurité à Croissy-sur-Seine : démêler le faux du vrai
À l’approche des élections municipales, la question de la sécurité occupe une place centrale dans le débat local. L’équipe municipale sortante fait de son bilan l’un de ses principaux arguments de campagne. Mais à y regarder de plus près, la présentation des faits pose question.
Derrière des chiffres mis en avant de manière rassurante, la réalité apparaît plus nuancée, voire trompeuse.
Ce que dit l’équipe sortante
Deux arguments sont régulièrement avancés pour illustrer une politique de sécurité jugée satisfaisante :
- un effectif de 11, laissant penser que Croissy aurait 11 policiers municipaux,
- une baisse des cambriolages de logements.
Ces affirmations méritent pourtant d’être examinées avec rigueur.
Des effectifs de police municipale surestimés
Nous serions les premiers à nous réjouir si Croissy comptait réellement 11 policiers municipaux. Un tel effectif placerait la commune dans une dynamique comparable à celle du Vésinet, avec un ratio d’environ un policier municipal pour 1 000 habitants, souvent considéré comme un standard élevé en matière de présence dissuasive.
Mais les éléments factuels disponibles ne permettent pas de confirmer ce chiffre.
L’offre d’emploi publiée par la mairie en novembre 2025 évoque un service de 12 personnes, regroupant non seulement des policiers municipaux, mais aussi des ASVP et une assistante administrative. Il est donc matériellement impossible que ces 12 postes correspondent à 11 policiers municipaux.
Par ailleurs, la plateforme publique de recrutement mapolicemunicipale.fr indiquait, au 29 janvier 2026, un effectif de 7 policiers municipaux. Ce chiffre est cohérent avec les informations communiquées par les équipes de la police municipale lors des cafés police organisés en 2025, ainsi qu’avec le rapport social 2024 de la mairie.
Maintenir une confusion entre effectif global de la police municipale et effectif réel de policiers municipaux relève donc d’une lecture très approximative de la réalité.
Cambriolages : une tendance de fond à la hausse
Concernant les cambriolages, les données du Ministère de l’Intérieur sont claires.
Oui, une baisse est observée sur la seule année 2024. Mais cette diminution s’inscrit dans un contexte bien plus large : plusieurs années consécutives de hausse, comme le montre le graphique intégré au livret.
Cette baisse ponctuelle est d’ailleurs comparable à celle observée à l’échelle du département des Yvelines. Elle ne constitue donc ni une exception locale, ni la preuve d’une amélioration structurelle.

En 2024, Croissy enregistre près d’un cambriolage par semaine, un niveau en hausse significative depuis le début du mandat. À cela s’ajoute une augmentation marquée des vols de véhicules et des vols dans les véhicules, très supérieure à la moyenne départementale.
Là encore, la communication officielle donne une image partielle de la situation.
Tromperie ou déni de réalité ?
Présenter ces résultats comme satisfaisants pose une vraie question.
Soit les chiffres sont interprétés de manière excessivement optimiste, soit la réalité vécue par les habitants est minimisée.
Dans les deux cas, nous ne nous satisfaisons pas de ce bilan. La sécurité ne se mesure pas uniquement à un indicateur annuel isolé, mais à une tendance dans la durée, intégrant tous les délits et toutes les formes d’incivilité, et à la capacité d’anticiper plutôt que de subir.
Prévenir et dissuader : une approche pragmatique et réaliste de la sécurité
Notre conviction est simple : tout doit être fait pour éviter que la délinquance ne s’installe à Croissy. La priorité doit être donnée à la dissuasion, qui repose avant tout sur la visibilité, la cohérence et l’efficacité des dispositifs existants.
Cela passe par plusieurs leviers complémentaires :
- Renforcer les moyens humains, avec un effectif de policiers municipaux réellement à la hauteur des enjeux, permettant une présence régulière, visible et répartie sur l’ensemble du territoire communal.
- Développer encore la vidéoprotection, non pas comme un outil isolé, mais comme un élément intégré à une stratégie globale de prévention.
- Alléger les tâches administratives pesant sur la police municipale, afin que les agents puissent se concentrer sur leur mission première : le terrain.
- Optimiser le fonctionnement du Centre de Supervision Urbain, en améliorant la coopération avec les communes partenaires et en élargissant le nombre de partenaires connectés, pour une surveillance plus fluide et plus réactive, en permanence.
- Renforcer la prévention, en travaillant sur la coordination entre services, la circulation de l’information vers les habitants et l’anticipation des situations à risque.
Faire de la sécurité une priorité dès le premier jour
La sécurité ne peut pas être traitée comme un simple élément de communication de fin de mandat. Elle doit être une priorité politique assumée, structurée et suivie dans la durée.
C’est dès le premier jour du prochain mandat que cette exigence devra se traduire en actes concrets, transparents et mesurables, au service de tous les habitants de Croissy.