Modification du PLU de Croissy — Reconversion du site Servier :…
Chères Croissillonnes, chers Croissillons,
La reconversion du site Servier (3,35 hectares au 125 chemin de Ronde) est l’un des projets d’urbanisme les plus importants de la mandature. Nous avons pris connaissance des avis rendus cet été par les différentes parties prenantes consultées sur la modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui doit permettre ce projet — porté par Linkcity, filiale du groupe Bouygues — et plusieurs points nous semblent devoir être portés à votre connaissance :
• Un avis négatif du CADEB, association agréée pour la protection de l’environnement : elle estime que le projet conduirait à artificialiser au moins 75% du site, dénonce une exception réglementaire qui viderait de son sens l’obligation de végétalisation en pleine terre, relève l’absence totale d’étude de bruit pour le futur centre sportif extérieur (piscine, paddle) à proximité des logements et bureaux, et juge le nombre de places de stationnement insuffisant — contrairement à l’État, dont l’avis diverge sur ce point précis (voir ci-dessous).
• Une réserve bloquante de la ville du Vésinet : aucune étude de circulation n’accompagne le dossier, alors que le Chemin de Ronde est une voie étroite partagée entre trois communes, déjà saturée. Le Vésinet demande qu’une étude complète soit un préalable obligatoire à toute approbation — ce qui rejoint les réserves que nous avions nous-mêmes transmises à la ville de Croissy dès novembre 2025, avec notre demande d’une nouvelle étude des flux, fondée sur des hypothèses plus réalistes et plus récentes.
• La ville de Chatou demande également à Croissy de réaliser une étude d’impact sur la mobilité, sans en faire pour autant un point bloquant.
• La ville du Pecq exprime des inquiétudes sur le trafic de chantier et les flux futurs, et demande un plan de circulation strict.
• Même l’État (sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye), pourtant favorable au projet, pointe des angles morts significatifs : le projet prévoit des « hébergements » plutôt que des « logements » au sens légal — ce qui lui permettrait d’échapper aux quotas de logements sociaux, même si cela ne nous semble pas être le souhait de la Ville — et le nombre de places de stationnement prévu est 2 à 3 fois supérieur aux recommandations régionales, à l’encontre des objectifs de désimperméabilisation des sols.
Début juin, la Mission Régionale d’Autorité Environnementale (MRAe) avait elle aussi émis des réserves, ce qui a conduit la ville de Croissy à proposer quelques ajustements : déplacement de l’internat de la British School hors zone inondable (un bâtiment R+3, et non plus R+2, en bordure du Chemin de Ronde), replantation de haies pour le Serin cini, très léger recul de l’imperméabilisation. Ces mesures restent néanmoins en deçà des enjeux soulevés par l’ensemble des avis.
Par ailleurs, nous maintenons la position que nous avons affirmée dès l’été 2025* : le projet a souffert d’un manque de concertation amont sur l’avenir du site, d’une prise en compte insuffisante des besoins réels de Croissy, ainsi que d’une analyse trop limitée de l’avenir du quartier et des contraintes potentielles. À titre d’exemple, nous estimons qu’une étude plus complète de la circulation doit être menée et que le lot « Bureaux » doit être supprimé du projet. Contrairement à ce qu’affirme la Ville, il n’existe aujourd’hui aucun besoin avéré de bureaux supplémentaires à Croissy : plus de 6 000 m² sont déjà disponibles à la location ou à la vente, dont près de la moitié sur la seule ZAC Claude Monet et au 87 chemin de Ronde.



