Comprendre la géothermie
La géothermie, c’est la chaleur naturellement présente sous nos pieds.
Elle permet de produire chauffage, eau chaude ou rafraîchissement en exploitant l’énergie de la Terre. C’est une solution propre, locale et maîtrisée, déjà utilisée dans de nombreuses communes françaises, dont celles de l’agglomération Saint Germain Boucle de Seine (CASGBS).
Six raisons d’en faire une priorité à Croissy
- Maîtriser la facture énergétique : un investissement initial plus élevé, mais des coûts d’exploitation faibles et prévisibles sur le long terme.
- Un bilan environnemental exemplaire : moins de 45g de CO2/kWh (4 fois moins que l’électricité, 5 fois moins que le gaz naturel).
- Valoriser une ressource locale et durable.
- Anticiper les étés de plus en plus chauds : la géothermie offre un rafraîchissement quasi gratuit.
- Une technologie discrète et silencieuse : tout est enterré, aucun bruit ni odeur.
- Une solution éprouvée : plus de 200 000 pompes à chaleur géothermiques fonctionnent déjà en France.
Le constat à Croissy : des bâtiments publics très énergivores
Nos écoles, gymnases, la piscine et plusieurs bâtiments municipaux fonctionnent encore majoritairement au gaz.
Conséquences :
- Une facture énergétique très élevée : 228kWh/m2/an d’après l’outil OPERA, soit 10 à 30% de plus que les communes voisines (Houilles, Carrières-sur-Seine, Le Vésinet …) pour des surfaces déclarées comparables !
- Un vrai problème de confort pour les élèves : l’été dernier, jusqu’à 39°C ressentis dans certaines écoles.
Pendant des années, la performance énergétique a été reléguée au second plan, au profit d’investissements peu prioritaires (ex : halle en sable du stade omnisports + salle enterrée de Chanorier : 4,5M€).
Aujourd’hui, il est urgent d’agir.
Où en est le projet géothermie annoncé en 2023 ?
Dans le projet « Le Croissy d’Après », la municipalité avait fixé deux objectifs prioritaires :
- « Chauffer le pôle « Jean Moulin/Courtel » (50% des consommations gaz de la ville) via géothermie ou récupération de chaleur sur eaux grises avant 2026 »
- « Chauffer le pôle « Stade / Centre technique municipal » (17% des consommations gaz de la ville) par eaux grises avant 2026 ».
Un planning d’études avait été annoncé pour février 2024.
Mais aucun résultat n’a été rendu public depuis.
En 2024, aucune conclusion n’a été partagée avec les élus.
En 2025, 30 000€ ont été inscrits au budget pour … une nouvelle étude. Les résultats n’ont pas été présentés en commission municipale en novembre 2025.
Début décembre 2025, une réunion a eu lieu avec l’Agglomération : conclusions toujours en attente.
Pour 2026, le Rapport d’Orientation Budgétaire prévoit 375 000€ d’études supplémentaires (géothermie + photovoltaïque).
Deux ans d’annonces, mais toujours pas de décision !
Ce que disent les études existantes disponibles
La Communauté d’Agglomération Saint Germain Boucle de Seine (CASGBS) a mené en 2022 une étude sur les réseaux de chaleur.
Conclusion : intérêt limité pour Croissy, car nos besoins sont trop dispersés pour un grand réseau.
En revanche, l’État identifie plusieurs zones de Croissy avec un fort potentiel géothermique local, notamment :
- Le pôle Jean Moulin : Piscine – Gymnase – École maternelle – Collège.
- La zone British School – ZAC Claude Monet – Stade Chemin de Ronde.
Autrement dit : la géothermie de proximité est possible et pertinente.

Source : https://france-chaleur-urbaine.beta.gouv.fr/carte
Les solutions techniques envisageables pour Croissy
Toutes ces solutions peuvent être combinées.
Les sondes géothermiques verticales
- Entre 10 et 200m de profondeur.
- Procédure simple (pas de permis minier) si la puissance < 500 kW (discussion nationale pour monter à 2MW).
- Performance variable selon la présence d’une nappe phréatique.
- Des études de faisabilité peuvent être financées par l’ADEME.
La récupération de chaleur des eaux grises (cloacothermie)
3 niveaux possibles :
- Sur les réseaux internes des bâtiments (piscine, gymnases …) ;
- Sur le réseau d’assainissement (potentiel à mesurer rue par rue, ex : rue des Ponts) ;
- En sortie de station d’épuration : non pertinent pour Croissy (trop éloigné).
La question demeure : qu’a fait la ville depuis 2 ans pour évaluer ces options ?
L’hydrothermie via la Seine
Intéressante pour le rafraîchissement. Déjà utilisée à Paris, Courbevoie, Boulogne-Billancourt.
Limites réglementaires en période de fortes chaleurs.
Une approche efficace pour Croissy : la boucle d’eau tempérée
La commune peut combiner plusieurs sources (nappe, sondes, eaux grises).
Avantages :
- Fiabilité,
- Modularité,
- Sécurité grâce à un appoint gaz minimal,
- Coût de la chaleur maîtrisé sur 20-30 ans, surtout via un opérateur énergétique privé (par exemple DSP).
- Se mettre enfin en action
L’ADEME met à disposition :
- Des financements,
- Des expertises,
- Un réseau national d’élus formés à la transition écologique ( https://agirpourlatransition.ademe.fr/collectivites/conseils/elus/elus-pour-agir )
Il serait utile qu’au moins un élu de Croissy rejoigne ce réseau (si ce n’est déjà fait) afin de s’informer et d’accélérer la transition énergétique locale.
Conclusion : Passer des études aux décisions
Depuis 2023, Croissy multiplie les annonces mais n’a toujours pas lancé de projet concret. Pourtant, les solutions existent, les zones favorables sont identifiées, et les financements sont accessibles.
Réduire les factures, améliorer le confort dans les écoles, diminuer les émissions de C02 : la géothermie est une solution crédible et mature pour Croissy. Il est temps de l’activer.